

BIOGRAPHIE ARTIST BY VALENTIN SAVTCHEKO
Je suis né dans la ville des fleurs et des jolies femmes. Le soleil qui brillait au dessus de ma ville, Rostov-sur-le-Don, m'a fait ouvrir les yeux sur la vie et m'a donné des forces. L'an 1955 fut pour mes parents la fête de ma naissance et pour mon pays la fête du dixième anniversaire de la victoire sur le fascisme.
Le 2 mars, jour de ma venue au monde, l'accoucheur a dit en me voyant "ce petit garçon n'est pas né en chemise blanche mais avec un pinceau" car il y avait sur ma tête une mèche de cheveux me prédestinant à la peinture.
Mes premiers pas dans l'art, je les ai faits à l'école de peinture car, le jour de l'examen, j'ai dessiné mieux que les autres une corneille noire, empaillée avec des yeux de verre ce qui m'a valu de passer tout de suite en 2ème année. Une fois, j'ai essayé de dessiner une nature morte représentant des oranges sur du velours noir mais, malgré tout le soin que je mis pour reproduire la couleur folle de ces oranges, vivement éclairées par le soleil, mes efforts restèrent vains. Alors, j'ai compris qu'il me faudrait d'abord apprendre à dessiner le soleil avant les oranges. Tous les jours je dessinais le soleil, à la suite de quoi mes yeux ne voyaient plus rien, et moi, je voyais le soleil comme une grande tâche noire. Cet éblouissement a disparu grâce à Dieu et aux hommes.
Après avoir lu la vie de Van Gogh, j'ai compris que je n'étais pas le seul à chercher à comprendre les mystères du soleil mais je me suis juré de ne pas couper mes oreilles comme il l'a fait.
Mes études et mon travail acharné à l'ex Académie Impériale des Beaux-Arts de Saint-Pétersbourg, aujourd'hui Académie des Beaux-Arts de Russie, m'ont donné la possibilité de copier les dessins de Michel-Ange, de Léonard de Vinci et d'Ivanov. Même la nuit, je rêvais de bras, de pieds, d'oreilles et de visages.
Une nuit de 1982, il s'est produit en moi comme une explosion de lumière. Je me suis levé en sursaut et j'ai commencé à gribouiller quelque chose sur une toile jusqu'à ce que je tombe évanoui. Le lendemain matin, j'ai vu mon premier tableau "Miroir".
Ma passion pour Filonov, pour son système fut l'origine de grandes divergences avec mes professeurs de l'Académie qui me dirent que si je continuais à dessiner comme cela, mes enfants auraient faim, etc..., alors, j'ai quitté l'Académie et j'ai continué mes expériences. Mon système "Sens-Art" (Art Sensibilité) tel que je le conçois, est un développement du "Cosmisme Russe" qui succède à la tradition des pensées de Filonov, Kandinsky, Malevitch, c'est-à-dire, considérer le cosmos comme une nouvelle mesure puisque l'espace et la manifestation énergétique de l'esprit humain dans l'Univers deviennent objets de l'image.
Que Dieu m'aide à assumer cette tâche !
QU'EST CE QUE SENS-ART ?
Le SENS, c'est la force magique qui surgit de différentes matières. Parfois, l'homme ne conçoit ni ce que c'est ni d'où cela provient, mais il est clair que c'est cette énergie qui met en mouvement tous les processus tant au niveau biologique que du conscient.
Le SENS, c'est l'énergie de la nature, de la lumière, de la chaleur, du son ... C'est l'influence des formes, des couleurs, du rythme sur le système émotionnel, sur l'imagination créative et sur la compréhension par le spectateur d'une œuvre d'art.
L'homme est une créature qui est capable de capter cette énergie aussi bien dans son subconscient que dans la création. Déjà au début de ce siècle, Kandinsky démontrait la nécessité d'étudier ce phénomène comme la direction primordiale de la compréhension du processus créateur.
Kandinsky, Malevitch et Filonov ont découvert les premiers, de manière différente, la philosophie de l'espace cosmique dans l'art pictural.
* KANDINSKI a construit son cosmos du sens comme l'écriture urbaniste avec des signes métaphysiques.
* MALEVITCH l'a présenté comme l'espace géométrique.
* FILONOV, quant à lui, l'a présenté comme une microstructure contenant le cosmos entier de la conscience.
Pour moi, le cosmos du sens, c'est l'énergie des sensations. C'est considérer l'espace cosmique comme une nouvelle mesure puisque l'espace et la manifestation énergétique de l'esprit humain deviennent objets de l'image. Un peintre est pour moi une antenne de réception qui perçoit tous les processus spatiaux et énergétiques et c'est ces nouvelles dimensions cosmiques du savoir que j'essaie de créer dans ma peinture.
Seule la peinture aux nouvelles dimensions cosmiques transmettra l'énergie du cosmos.
SENS-ART c'est l'art qui apprend le sens, l'espace et l'énergie du cosmos.
CRITIQUE
« Les écrans symboliques » de SAVTCHEKO à travers la critique russe
Nous vivons dans le monde entouré d’écrans symboliques. Le premier écran est présenté par le miroir qui nous donne l’idée de ce que nous sommes et forme la notion de l’image. L’art représente iciun écran symbolique dans sa meilleure manifestation qui permet d’effectuer la projection et ’interjection, de créer chez un spectateur l’idée sur l’environnement et de comprendre le monde qui nous entoure.
En 1987 le peintre russo-français Valentin SAVTCHEKO a fondé le mouvement SENS-ART à Leningrad. Tout en développant les idées du « cosmise russe » de la fin du 19-ème et du début du 20-ème siècles, il a créé sa propre conception de l’espace ainsi que sa vision du monde.
Le philosophe Nicolaï FIODOROV, fondateur du « cosmise russe » envisageait son harmonie du monde et ses habitants représentés par des pères ressuscités. L’auteur du « Carré Noir » et du suprématisme, peintre Kazimir MALEVITCH considérait que la vision du monde est une vision planétaire en tant que telle. Quant à SAVTCHEKO, il était très important pour lui de mélanger une idée globale sur L’Univers et un symbole reconnu. Etant élevé sur les idées de KANDINSKY, MALEVITCH et FILONOV, SAVTCHEKO considère que l’approche des images vers la structure primaire et minimaliste d’une pure géométrie représente un geste totalitaire.
Malgré l’évolution du style artistique de SAVTCHEKO durant les 10 dernières années en des toiles purement picturales jusqu’à des compositions éloignées incluant les éléments de collage et d’assemblage, ses œuvres se caractérisent par une narration particulière propre au symbolisme en matière artistique. Les tableaux de SAVTCHEKO regroupent des personnages, son monde virtuel est symbolique.
Dans la série des toiles « Après Apocalypse », par exemple, SAVTCHEKO relate la même histoire qu’un peintre d’icônes obscur ou le peintre de la Renaissance Louka SINIORELLI.
Mais c’est le pressentiment d’« Après Apocalypse » d’un homme à la limite des 20 et 21èmes siècles.Tout en utilisant la vieille technologie de la peinture à l’huile avec l’intervention du collage, SAVTCHEKO crée le sentiment de l’espace, qui est construit grâce aux technologies digitales de l’ordinateur.
Les peintures de SAVTCHEKO sont imprégnées par des symboles traditionnels, des compositions géométriques abstraites, des éléments de la nouvelle technologie de masses – éléments de fibre optique – une sorte « d’économiseurs d’écrans » qui sont réalisés dans la technologie traditionnelle.
Olesya TURKINA, Critique d’Art, Musée Russe – St Pétersbourg
Le 29 octobre 2000
